Fondations et Collection Pierres Vives ... Roland Barthes

  • Emmanuel Mounier, mort il y a juste cinquante ans, est incontestablement une grande figure du XXe siècle. Fondateur de la revue Esprit en 1932 (à vingt sept ans !), il a eu pour son époque et pour plusieurs générations d'hommes et de femmes après sa mort un rôle exceptionnel d'éveilleur intellectuel. " Faire des livres ne fut jamais son but, mais faire des hommes " (J.-M. Domenach).
    Ce livre reprend quelques-uns de ses textes fondateurs, en particulier des articles d'Esprit écrits durant les premières années de la revue, puis édités en volume par Mounier lui-même (Refaire la Renaissance est le titre du tout premier article qu'il écrit dans la revue, en octobre 1932). Ils contiennent le meilleur de son intuition, de ses refus et de ses combats, de ses engagements dans la cité : refus des révolutions devenus totalitaires par mépris du spirituel, refus d'un ordre du monde qui engendre des catastrophes humaines, engagement pour une autre culture, une autre civilisation, où personne et communauté seraient également reconnues dans leur rôle unique, irremplaçable.
    Préface de Guy Coq

  • Cinq ans de résistance à l'oppression ont restauré dans notre chair la certitude primitive qu'il est en chaque homme un domaine inaliénable, dont l'asservissement conduit les individus à l'abjection et les Empires à la déroute. Si le réveil personnaliste a un sens, c'est, avant toute politique, l'affirmation de ce domaine réservé. Il s'offre comme une réaction naturelle de la dialectique historique au moment où l'avènement des grandes forces collectives ramène à notre horizon le visage de Léviathan. Ces trois études, entre 1934 et 1939, nous apparaissent aujourd'hui comme un rappel des raisons pour lesquelles nous avons de 1940 à 1944 résisté à Léviathan et à ses métamorphoses possibles. C'est pourquoi ces pages déjà anciennes nous ont décidé à leur rendre vie sous un titre commun, bien qu'en disant les mêmes choses, nous ne les écririons plus aujourd'hui de la même façon ni ne les aborderions des mêmes biais.

  • De la psychologie pure à la métaphysique, une conversion profonde a changé le sens du mot rêve chez les penseurs romantiques. élevés dans la double tradition, cartésienne et irrationaliste du xviiie siècle finissant, ils trouvèrent bientôt insuffisante la description de l'être humain que leurs aînés avaient établie, le schéma des forces et des facultés, dont le fonctionnement était censé obéir aux lois d'une stricte mécanique de l'esprit. [...] c'est là qu'intervient cette notion de l'inconscient à laquelle les philosophes de la nature surent donner une si féconde ampleur.
    Albert béguin.

    Avec l'âme romantique et le rêve, albert béguin a offert la plus belle, mais aussi la plus riche étude jamais consacrée au romantisme allemand. a la fois introduction aux uvres, présentation des auteurs et analyse subtile des pensées, elle dessine une voie royale pour qui veut pénétrer l'univers culturel et mental de ce mouvement littéraire, le plus important du xixe siècle. lichtenberg, moritz, herder, troxler, von schubert, carus, jean-paul, novalis, tieck, achim d'arnim, brentano, hoffmann, kleist, etc. la galaxie romantique dans tous ses états. sans oublier, dans ses proches parages, la poésie française de nerval au surréalisme, en passant par hugo, baudelaire, rimbaud et mallarmé.

  • A la fin de son journal, le 17 juin 1997, Jean-Marie Domenach écrivait : " Ne pas me déterminer par rapport à la mort, mais par rapport à la vie.
    " Dernière page du dernier de ses cahiers d'écolier, le seul dont la couverture soit encore claire, comme neuve. La série est disparate, d'épaisseur inégale, le format, scolaire, les couvertures, ternes. [... ] Les cahiers se suivent et chaque couverture porte les dates des années écoulées. Mais il ne faut pas chercher un compte rendu rigoureux de ses travaux ni de ses combats. Parfois des indications ou la mention : " rien écrit ici depuis trois mois ".
    Son journal, il le reprend " pour le plaisir " d'écrire, sans autre contrainte que celle de la mise en forme. Qu'il témoigne - l'aventure d'Esprit, les déceptions de l'après-guerre, la tragédie de l'Algérie, les prémices de 68 ou qu'il raconte - ses rencontres avec les " grands ", ceux qui ont fait l'histoire, comme avec chacun de ses interlocuteurs -, c'est un combattant qui parle, écoute, répond, intervient.
    S'il n'est pas content, il gronde ; une formule lui suffit pour assassiner l'adversaire ; une citation, anachronique, et on l'entend qui éclate de rire. Il n'a pas cessé de se battre contre les tricheurs, pour la libération de l'homme de toutes les tyrannies. Comment accepter le silence, laisser s'éteindre une voix qui s'adressait à tant d'amis ? Comment oublier sa réponse à la question qu'il se posait le 17juin 1997 ? Il a continué à vivre sans se protéger et il est mort indigné.

  • Cette initiation à l'oeuvre et à la pensée de Pierre Teilhard de Chardin (1881-1955) étonnera par la limpidité des mots et la clarté de l'exposé. Jeanne-Marie Mortier, qui s'adresse au lecteur ignorant de l'oeuvre de Teilhard de Chardin, présente, essentiellement à l'aide de citations, quelle fut la vision universelle d'un des grands prophètes de notre siècle.

  • Qui sont ces Lesbie ou ces Corinne, les héroïnes dont nous parlent les élégies de la Rome antique ? Quel est le monde qu'elles nous décrivent ? D'où vient ce sentiment d'étrangeté que l'on éprouve à les lire ? Comment un écrivain peut-il faire entendre un accent de sincérité tout en nous infligeant de longs morceaux conventionnels - mythologiques notamment ?
    Devant ces apparentes incongruités, Paul Veyne pose aux textes une question essentielle et pourtant absente de la critique : Comment étaient-ils lus, reçus ? Quel contrat proposaient-ils au lecteur ? De quelle esthétique, aujourd'hui disparue, relèvent-ils ?
    La réponse consiste à rapprocher l'élégie de la bucolique, qui met en scène avec le même artifice des bergers imaginaires jouant du pipeau. Véritable " pastorale en costume de ville ", l'élégie se révèle être un monde où l'on fait semblant, avec humour, d'être amoureux, un peu comme dans une baraque foraine, on joue à se faire peur.

  • Après plus d'un demi-siècle d'exégèses, Mallarmé reste pour nous tout aussi énigmatique et fascinant. Cette énigme, cette fascination, Jean-Pierre Richard s'est proposé, non point de les expliquer, mais de les comprendre. Il a adopté pour cela une perspective assez nouvelle : tout en utilisant avec un soin minutieux les résultats de l'érudition mallarméenne, il a voulu, selon les procédés de la critique moderne, retrouver, en profondeur, les formes essentielles, les structures ou "motifs" dominants autour desquels Mallarmé a pu rêveusement constituer son univers.
    Ces motifs il les a recherchés dans les "en-dessous" de l'imagination et de la sensibilité ; ainsi, en même temps que se constitue un véritable musée imaginaire, s'esquisse une psychanalyse des matières favorites de Mallarmé : glaces, feux, gazes, écumes, eaux limpides... ou des ses formes préférées : jets d'eau, corolles, ongles, feux d'artifice... On saisira à travers les pages de cet essai l'intention poétique d'objets fétiches tels qu'éventail, miroir, danseuse, lustre, grotte, diamant, foule ou papillon ; on apercevra la signification des rythmes, des essences dynamiques : ainsi le fané, le déchu, le jaillissement, l'aller-retour, le suspens ; des modes d'expression : mot, vers, poème, livre, à travers lesquels se poursuit un même projet existentiel. Ce projet, à qui vise-t-il exactement ? Quels sont le but, le message final de la poésie mallarméenne ?
    Il a semblé à l'auteur de Poésie et Profondeur et Littérature et Sensation que Mallarmé était plus simple, plus ingénu qu'on ne le dit souvent, ou du moins qu'il tendait de tout son raffinement à la découverte d'une telle transparence : le vrai bonheur mallarméen n'étant pas celui d'un vide en lequel l'univers voudrait s'anéantir, ni celui d'une éternité sans forme ni saveur, mais celui d'une vie qui jouirait en toute conscience, en tout savoir, de la seule grâce qui lui soit évidemment accordée, celle de vivre.

  • La poésie moderne "enfonce" le monde et l'esprit pour y appréhender un sens enseveli. Elle naît de la profondeur multiple ; elle la mime, l'anime et l'opère, comme physiquement, par le jeu de son langage.
    Ces essais, consacrés aux œuvres de Nerval, Baudelaire, Verlaine et Rimbaud, s'efforcent de saisir un moment originel de la création littéraire. Ils tentent d'analyser les quelques bonheurs d'expression à travers lesquels tout écrivain découvre sa voix et sa vérité d'homme.

  • Balzac, Hugo, Lamartine, Vigny, Musset, Guérin, Sainte-Beuve : pour chacun de ces grands écrivains romantiques, Jean-Pierre Richard a voulu dessiner le paysage qui lui était propre : ce monde singulier de sensation, de rêverie, d'écriture, où se retrouve, chaque fois différent, le plaisir de la lecture.
    Pour la phénoménologie, a-t-on dit, "les sens ont un sens" : si elle a raison, c'est bien ce "sens des sens" que ces études tentent de repérer, d'amener progressivement au jour.

  • Parlant d'un écrivain, qu'appellerons-nous son paysage ? D'abord l'ensemble des éléments sensibles qui foment la matière et comme le sol de son expérience créatrice. Ce décor peut, on le sait aujourd'hui, être interprété. Chez Chateaubriand par exemple, à travers la hantise du vide, le sentiment d'un objet inconsistant ou effrité, la recherche des écarts, des déhiscences, à travers aussi les images obsédantes du père, du roi, de la soeur, on lira les grandes lignes d'un projet : celui d'être, comme il l'écrit lui-même, un "homme de la mort" et "aimé d'elle", membre de ce "troupeau choisi qui renaît".
    Mais comment renaître d'un néant qu'on a dès l'abord élu pour sa demeure ? En se fabriquant certaines figures concrètes de réanimation du négatif (ici l'écho, la provocation sensible, l'effluence, le souvenir, l'histoire). Et surtout en écrivant. Car tout grand écrivain meurt et renaît par la littérature. Voici que s'offre alors un deuxième sens possible du mot paysage : le paysage d'un auteur c'est aussi peut-être cet auteur lui-même tel qu'il s'offre totalement à nous comme sujet et comme objet de sa propre écriture. C'est en somme cet espace de sens et de langage dont le critique essaie de manifester la cohérence unique, de fixer le système, - sans avoir pourtant jamais fini d'y cheminer.
    Jean-Pierre Richard

  • Lacan, Foucault, Derrida, Nerval, Rimbaud, Balzac, Flaubert et H. James sont ici convoqués autour d'une même question : qu'en est-il des rapports de la folie et du texte littéraire ? Du signifiant folie, ce livre recherche non pas tant le sens que la force ; non pas ce qu'il est (signifie) mais ce qu'il fait - les actes textuels et les événements énonciatifs qu'il déclenche et auxquels il donne lieu. Et ce n'est pas par hasard si ce faire de la folie, Shoshana Felman le cherche dans des textes tout autant théoriques que poétiques ou romanesques. Alors que, souvent, on croit qu'il est donné à la théorie de savoir et à la littérature de faire, on voit ici que la folie déjoue ce partage, en révélant dans la littérature un savoir et, dans la théorie, un acte. Au terme, on ne dira pas seulement que la littérature nous informe sur la folie, mais que la folie ouvre un nouvel aperçu sur la spécificité de la chose littéraire.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Cet ouvrage constitue une oeuvre maîtresse du post-formalisme russe.
    Les deux concepts-clé sont ici ceux de polyphonie, ou dialogisme, et d'écriture carnavalesque. Polyphonie : c'est-à-dire pluralité des voix et des visions, dont aucune n'est objet (en particulier objet de définition psychologique ou sociologique), qui sont toutes sujets en état de se répondre réciproquement. Et pluralité des idées, inséparables des voix qui les portent. Et encore, confrontation-intériorisation de chacune en toutes les autres, jusqu'au point de tourner le principe du tiers-exclu.
    Carnaval : le roman polyphonique n'est que l'espèce dernière d'un genre très ancien qu'on peut caractériser par l'alliance des mots " sérieux-comique ".
    Parler du quotidien avec sérieux, jouer de la pluralité des tons et des langues, pratiquer systématiquement la mésalliance, s'installer dans l'ambivalence : tels furent, au cours des termps, les traits caractéristiques de la satire, du dialogue socratique, des romans de Pétrone, Rabelais, Cervantes... Tous écrits qui ont leurs racines dans un type particulier de manifestation sociale : le carnaval.
    Il ne reste à Bakhtine qu'à montrer comment c'est à l'intérieur même du mot que les voix plurielles du roman polyphonique sont confrontées, en reprenant toute l'oeuvre de Dostoïevski. Ici, une érudition gigantesque vient s'allier à la connaissance la plus précise des textes qu'elle aide à déchiffrer.

  • Cet ouvrage réunit neuf essais, composant une nouvelle série de réflexions sur le langage poétique ; lesquelles viennent compléter, développer, approfondir les Notes sur la poésie parues dans la même collection en 1970 et la première partie, intitulée Une situation particulière, des Notes sur la foi parues en 1973 chez Gallimard. L'un des plus importants poètes d'aujourd'hui analyse - sans éluder les contradictions inhérentes à sa pratique de ce qu'il appelle une autre parole, ni les questions que lui posent les rapports de cette parole avec le sacré, la mystique, la foi, la théologie et l'action - les mouvements d'une double expérience (poétique et religieuse), en état constant de recherche et d'interrogation, dont il nous offre aussi bien, pour le moment, la synthèse. À propos de Notes sur la poésie : il est rare aujourd'hui que, pour parler de son art, un poète ne se croie obligé d'user d'un vocabulaire, ou scientifique ou particulier, dans lequel le profane n'a habituellement accès qu'après une difficile gymnastique. On pénètre dans l'essai de Jean-Claude Renard sans avoir à franchir tant d'obstacles...

  • Les trouvailles contemporaines masquent (ou bien révèlent ?) une énigme de toujours : la musique est-elle science ou art ? Quels sont ses éléments : signal physique ou signe d'un langage ? Mais la musique est-elle un langage ? D'ailleurs, de quelle musique s'agit-il : occidentale ou primitive, concrète, électronique ?... Y a-t-il des musiques singulières ou une musique plurielle ?
    Pierre Schaeffer répond que la musique est une architecture qui parle. Il s'agit, avec elle, de mettre en corrélation deux sortes de connaissances : celle de la Nature et celle de l'Homme.
    On ne s'étonnera donc pas que l'auteur tourne autour de l'objet musical et le présente sous ses divers aspects. L'approche est successivement historique, linguistique, physique, philosophique, méthodologique, "acoulogique", musicale. On en arrive à une double conclusion : du concours des disciplines surgit une méthode propre à la musique, destinée à renouveler le solfège traditionnel et à fonder les musiques dans leur généralité. D'autre part, un tel itinéraire mène à son tour aux passages hermétiques - à moins qu'ils ne soient occultés par le respect humain - entre science et art, ces deux moitiés de l'expérience humaine.
    Aussi est-il de la vocation d'Orphée, sinon de résoudre l'énigme, du moins de l'affronter et de répondre à l'espoir que mettent en lui des créatures encore sauvages : qu'une réponse des choses soit donnée à la question des hommes.

  • " Autour de moi, s'étalait des piles de disques, où s'inscrivaient les fragments de cette matière décomposée, rapetissée et agrandie, désossée, inversée, éclatée, pulvérisée. J'étais comme une enfant qui a vidé le son de son ours, arraché les yeux de sa poupée et démantibulée son train mécanique. Il fallait bien que je m'avoue que je venais d'inventer d'extraordinaires techniques de destruction, mais que tous les essais de synthèse me claquaient dans les doigts. Il y avait d'autre part, à chaque instant de mes démarches, d'impitoyables contradictions qui surgissaient. Les objets sonores proliféraient mais leur multiplication insensée n'apportait aucun enrichissement, du moins au sens où les musiciens l'entendent : l'idée musicale, ou l'ombre de d'idée qui demeurait à travers ses contorsions inchangées, et que de formes biscornues, que de variantes concrètes pour la même idée ! Ces variations elles-mêmes étaient contradictoires, trop musicales et pas assez, trop parce que la banalité de l'écriture initiale persistait, pas assez parce que la plupart de ces objets sonores étaient cruels, offensants pour l'oreille. "

  • Sur Racine

    Roland Barthes

    Ce que Racine exprime immédiatement, c'est donc l'aliénation, ce n'est pas le désir. Ceci est évident si l'on examine la sexualité racinienne, qui est de situation plus que de nature. Dans Racine, le sexe est lui-même soumis à la situation fondamentale des figures tragiques entre elles, qui est une relation de force.
    Le sexe est un privilège tragique dans la mesure où il est le premier attribut du conflit originel : ce ne sont pas les sexes qui font le conflit, c'est le conflit qui définit les sexes.
    Roland Barthes (1915-1980)
    Écrivain, critique, essayiste, Roland Barthes a élaboré une pensée critique singulière en constant dialogue avec les discours théoriques de son temps et en rupture avec les discours institués. La formidable querelle entre Anciens et Modernes qui suivit la publication du Sur Racine en 1963 atteste le rôle fondamental qu'il joua au sein des grandes ruptures opérées par la pensée contemporaine. Il est notamment l'auteur du Degré zéro de l'écriture (1953) et de Fragments d'un discours amoureux (1977).

  • Mythologies

    Roland Barthes

    " Dans Mythologies, Roland Barthes nous donne un extraordinaire ouvrage, profond et cruel, rigoureux, parfois excessivement, d'une écriture à la fois géométrique et pleine d'humour, où l'homme moderne nous est implacablement envoyé, comme un pantin trop bien articulé. "
    Jean Lacroix, Le Monde
    " On sort changé de la lecture d'un livre comme celui-là, et je gage que la pensée et le style de Barthes auront une influence considérable sur les jeunes écrivains de notre temps. "
    Guy Dumur, Médecine de France
    " J'admire l'intelligence avec laquelle Barthes renverse la toile peinte de ce siècle et discerne, sous les apparences, les réalités. "
    Morvan Lebesque, Le Canard enchaîné
    " On le lit avec passion et dans le sentiment à peu près constant de la découverte. "
    Maurice Nadeau, France-Observateur
    " Ce livre courageux, essentiel, extraordinairement intelligent, me semble devoir marquer profondément son sillon dans l'histoire de la pensée moderne. "
    Jean Rousselot, Nouvelles littéraires

  • Le degré zéro de l'écriture
    " C'est parce qu'il n'y a pas de pensée sans langage que la Forme est la première et la dernière instance de la responsabilité littéraire, et c'est parce que la société n'est pas réconciliée que le langage institue pour l'écrivain une condition déchirée. "
    Roland Barthes
    Roland Barthes (1915-1980)
    Intellectuel, écrivain et théoricien de la littérature, par la publication en 1953, de son premier livre, Le Degré zéro de l'écriture, il s'est imposé comme l'un des penseurs parmi les plus importants de la modernité.

  • Roland Barthes par Roland Barthes.
    « Il supporte mal toute image de lui-même, souffre d'être nommé. Il considère que la perfection d'un rapport humain tient à cette vacance de l'image : abolir en soi, de l'un à l'autre, les adjectifs ; un rapport qui s'adjective est du côté de l'image, du côté de la domination, de la mort. » En 1975 sortait au Seuil, dans la collection « Écrivains de toujours », Roland Barthes par Roland Barthes. Véritable événement (comment Barthes allait-il se sortir de l'exercice autobiographique ?), cet autoportrait s'est imposé comme un livre culte.

  • Sous ses formes presque infinies, le récit est présent dans tous les temps, dans tous les lieux, dans toutes les sociétés ; le récit commence avec l'histoire même de l'humanité ; il n'y a pas, il n'y a jamais eu nulle part aucun peuple sans récit ; toutes les classes, tous les groupes humains ont leurs récits, et bien souvent ces récits sont goûtés en commun par des hommes de culture différente, voire opposée. Le récit se moque de la bonne et de la mauvaise littérature : international, transhistorique, transculturel, le récit est là, comme la vie.

    Les spécialistes de plusieurs pays (France, États-Unis, Allemagne) se trouvent réunis ici autour d'une problématique commune : récit, narrateur, narration, personnage.

  • Roland Barthes a porté un intérêt passionné au théâtre, comme spectateur, témoin, critique, animateur de revue, et ceci, à une époque exceptionnelle où se dessinaient les grandes lignes qui constituent le paysage théâtral actuel. Dominé par le modèle de la Grèce antique et l'éblouissement brechtien, l'ensemble de ces textes, qu'il s'agisse d'éditoriaux ou de critiques de spectacles à jamais invisibles, d'éléments d'histoire, de théorie ou de politique, touche à l'essence du théâtre, tel qu'il peut concerner chacun dans sa vie intime et son existence sociale.

  • Imprévue et cependant régulière, toujours nouvelle et toujours intelligible, la Mode n'a cessé d'intéresser les psychologues, les esthéticiens, les sociologues. C'est pourtant d'un point de vue nouveau que Roland Barthes l'interroge : la saisissant à travers les descriptions de la presse, il dévoile en elle un système de significations et la soumet pour la première fois à une véritable analyse sémantique : comment les hommes font-ils du sens avec leur vêtement et leur parole ?

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