Littératures étrangères

  • Le tambour

    Günter Grass

    Le jour de ses trois ans, oscar matzerath a renoncé à grandir.
    Témoin désinvolte des événements qui se déroulent à dantzig de 1924 à 1950, oscar qui, sous les apparences de l'enfance a la maturité d'un adulte, fait jaillir un univers grotesque et mystérieux, une impitoyable condition humaine ensevelie sous les décombres de l'histoire.
    Publié en 1960 et porté à l'écran par volker sclöndorff en 1979, le tambour est l'une des oeuvres majeures de la littérature allemande et le chef-d'oeuvre de günter grass.

  • Devenue subitement l'héroïne d'un fait divers à sensation, une jeune femme paisible voit son intimité et sa réputation livrées en pâture à ses concitoyens et fait du même coup la découverte de l'injustice et l'apprentissage de la révolte.

    Un récit haletant.
    Un film admirable dans l'adaptation de Volker Schlöndorff.

  • Malina

    Ingeborg Bachmann

    Partie intégrante de la trilogie Genres de mort, ce roman d'Ingeborg Bachmann, le seul qu'elle ait achevé, a servi de modèle à de nombreux écrivains contemporains. Enigmatique trio amoureux entre un amant trop lointain, un compagnon cynique et une narratrice fragile et passionnée, Malina illustre autant la quête d'une identité éclatée que la recherche d'un possible récit dans une Vienne exsangue, désertée par l'Histoire. C'est aussi un champ de mémoire évoquant la rencontre de l'auteur avec Paul Celan, l'immense poète qu'elle a «aimé plus que sa vie», dans un discours sur la folie et les brûlures qu'elle entraîne : crémation des livres dans un tragique passé encore récent, prémonition aussi de la fin de l'auteur, morte dans l'incendie provoqué par une cigarette mal éteinte.

    Malina, adapté au cinéma par Werner Schroeter sur un scénario d'Elfriede Jelinek (Prix Nobel de littérature 2004), est ici proposé dans une nouvelle traduction de l'allemand par Claire de Oliveira et Philippe Jaccottet.

  • Par son humour, ce livre -l'un des plus célèbres de l'après-guerre- nous permet de mieux comprendre les oppositions qui ont déchiré les consciences italiennes pendant de nombreuses années.
    En inventant les figures du prêtre de choc don camillo et du maire communiste peppone, inséparables frères ennemis, giovanni guareschi a non seulement créé deux personnages emblématiques, mais réussi à faire d'une situation très sérieuse en son fond une inoubliable satire.
    Relire aujourd'hui le petit monde de don camillo, c'est retrouver , au coeur du xxème siècle, le comique d'un goldoni et la verve d'un molière.

  • Le baron perché

    Italo Calvino

    Pour bien voir la terre, il faut la regarder d'un peu loin. En 1767, suite à une dispute avec ses parents au sujet d'un plat d'escargots, le jeune Côme Laverse du Rondeau monte dans l'yeuse du jardin. Il ne descendra plus des arbres jusqu'à sa mort, s'y éveillant au savoir et à l'amour, à la solitude comme à la fraternité. Conte philosophique en hommage au siècle des Lumières, autoportrait d'un excentrique épris de liberté, Le baron perché enchante par son humour généreux, ses constantes inventions, son humanisme intemporel.
    Le baron perché fait partie de la trilogie Nos ancêtres, qui comprend également Le vicomte pourfendu et Le chevalier inexistant.

  • Dans un immeuble cossu de via Merulana à Rome, les bijoux d'une comtesse vénitienne ont été dérobés ; et voilà qu'on retrouve la belle Liliane Balducci assassinée de façon sanglante. Les enquêteurs sont sur les dents : indices, poursuites, interrogatoires ... un vrai roman policier. Mais pour le nonchalant commissaire don Ciccio Ingravallo, chaque effet a une multitude de causes, chacune en cachant d'autres. Et dans le cas d'un crime, aucun des courants qui convergent dans ce tourbillon ne peut être négligé. Ainsi l'enquête prend son temps et s'embrouille affreusement, sillonnant, pour le plus grand bonheur du lecteur, les rues de la Ville éternelle, où le présent se mêle au passé mythique tandis que résonnent les multiples dialectes et les innombrables accents.

    Dans cette escalade sonore, la phrase gaddienne se déploie, s'étire et se retire, jouant sur tous les tons : la farce pour évoquer le peuple, le sarcasme pour Mussolini, la poésie pour un défilé de nuages... La nouvelle traduction, magistrale, de Jean-Paul Manganaro, nous en restitue aujourd'hui toute la verve foisonnante.

    Avec L'Affreuse Embrouille de via Merulana, chef-d'oeuvre des lettres italiennes, l'ingénieur Carlo Emilio Gadda, passionné de mathématiques et de philosophie, devient en 1957 un écrivain mondialement connu.

  • Dans une grande villa au Maradagàl, limitrophe du Parapagàl, deux États imaginaires situés quelque part en Amérique latine, non loin de la Cordillère des Andes, vit Gonzalo Pirobutirro d'Eltino, ingénieur neurasthénique qui nourrit des projets littéraires. Cet alter ego de l'auteur vit avec sa mère dans une solitude rageuse et désespérée, exacerbée par la haine des petits-bourgeois et autres paysans pauvres et incultes qui l'entourent. La bienveillance et la disponibilité que leur offre en revanche sa mère exaspère le rapport agressif que Gonzalo entretient avec elle. Aussi éclate-t-il souvent en fureurs épouvantables : contre feu son père, sa mère, les péons, les propriétaires, l'enfance, toute la société maradagalaise ; et surtout contre l'idée du moi.

    Baroque à souhait, la langue de Gadda traverse toutes les strates de l'histoire linguistique italienne, y compris dialectales, offrant une écriture unique dans l'ensemble des expériences littéraires du XXe siècle. Elle dit la douleur de celui qui affirme sa propre violence face à l'agression implacable des autres.

    Traduit de l'italien par Louis Bonalumi et François Wahl.

  • Ces Colères du capitaine en congé libérable, rédigées entre 1920 et 1971, représentent trois époques distinctes, à partir de la première fiction en prose, « Promenade d'automne », où l'on est frappé déjà par le mélange de réalisme et d'émotion qui caractérise toute l'oeuvre de Gadda. Viennent ensuite trois récits qui appartiennent à la constellation de La Connaissance de la douleur et sont autant de préparations ou variations autour du personnage de Pirobutirro, c'est-à-dire de l'autodérision rageuse de l'auteur. Là, on le voit s'embarquer dans des élucubrations irrésistibles, illustrées avant tout par les «colères» qui donnent son titre au recueil, « contre Sémiramis, la chasse d'eau, les cylindres zingués, l'architecte Gutierrez et le physicien Wollaston », ou dans des divagations exhilarantes, comme celles qui visent l'architecture de la Brianza.

    Les deux derniers textes sont contemporains de la rédaction de L'Affreuse Embrouille de via Merulana, et on lira une histoire magistrale d'«escroquerie italienne».

  • En 1860, une aristocratie décadente et appauvrie, sourde aux bouleversements du monde, règne encore sur la Sicile. Mais le débarquement des troupes de Garibaldi amorce le renversement d'un ordre social séculaire. Conscient de la menace qui pèse sur les siens, le prince de Salina se résigne à accepter l'union de son neveu Tancrède avec la belle Angélique, fille d'un parvenu. Ultime concession qui signe la défaite du Guépard, le blason des Salina...

  • Las de travailler pour un vieux paysan cruel et pervers, Muharem s'en va son coq sous le bras. Sur sa route, il assiste aux noces de celle qu'il aime en secret. Mais les invités, dans leur ivresse, veulent plumer son coq, et Muharem avec lui. Meurtri, le jeune homme s'enfuit et commence alors pour lui un voyage onirique où, ballotté entre rêve et réalité, il croisera le chemin d'une sorcière hystérique, d'un initiateur raté et celle d'un couple de fugitifs.

    Miodrag Bulatovic (1930-1991) est un auteur serbo-monténégrin. Il a publié un recueil de nouvelles, Les Diables arrivent, pour lequel il a reçu le prix de l'Union des écrivains de Serbie. Il a également reçu le prix NIN du roman de l'année pour Les gens à quatre doigts.

  • Raimundo silva est un quinquagénaire à la vie bien réglée, correcteur exemplaire dans une maison d'édition, jusqu'au jour où, saisi par quelque démon, il apporte une modification à un manuscrit.
    D'un mot, un non à la place d'un oui, il change le sens du livre en même temps que l'histoire du portugal.
    Suite à cet incident, l'existence de raimundo va à son tour être bouleversée. tout en se découvrant une passion pour sa nouvelle chef de service, et influencé par celle-ci, il va entrer en littérature. dès lors, mêlant récit amoureux et fresque historique, deux histoires s'interpénètrent et mettent en relief, non sans humour, un portugal superbe et une lisbonne atemporelle où la fiction se fait réel et vice versa.

  • La pianiste

    Elfriede Jelinek

    Erika Kohut ne boit pas, ne fume pas, couche encore, à 36 ans, dans le lit maternel. Mais dès que ses horaires de professeur de piano au conservatoire de Vienne le lui permettent, elle fréquente les cinémas pornos et les peep-shows... Et quand Walter Klemmer, un de ses étudiants, tombe amoureux d'elle, elle l'entraîne dans une relation sadomasochiste au scénario éculé, propre à redorer la vieille relation du maître et de l'esclave.

    Née en Autriche en 1946, Elfriede Jelinek a reçu le prix Nobel de littérature en 2004. Ses romans, toujours très remarqués par la presse et le public, sont disponibles en Points. La Pianiste fut son premier roman publié en France.

  • Disgrâce

    J M Coetzee

    David Lurie, 52 ans, deux fois divorcé, enseigne à l'université du Cap. Une jeune étudiante, parmi ses nombreuses conquêtes, finit par l'accuser de harcèlement sexuel. Contraint à la démission, David se réfugie auprès de sa fille, Lucy, qui vit dans une ferme isolée. Mais les temps ont changé et sa retraite vire au drame. La bourgeoisie sud-africaine doit payer pour les crimes de l'apartheid.

  • La convocation

    Herta Müller

    Un jour, elle a glissé un mot dans la poche d'un des pantalons qu'elle confectionnait pour une grande maison de couture. Un appel au secours enfantin. Depuis, elle est convoquée à la Sécurité, interrogée par un homme qui lui pose sans cesse les mêmes questions. Entre deux interrogatoires, il ne reste que des miettes de vie : un mari qui boit pour avoir moins peur, des parents pitoyables et des voisins qui n'osent même plus sortir de chez eux. Comment résister, comment éviter cette angoisse ? Elle ne répondra plus à la convocation...

  • Par la fenêtre de l'appartement, les feuilles de peupliers scintillent et la voix de Wang Xiaomei se mêle au vent. « Non, non, ce n'est pas vrai ! » Son corps se couvre d'une sueur froide et moite, elle regarde son mari, qui la dévisage. Accroupi sur le réfrigérateur, Wang San, l'air féroce, retrousse ses babines et laisse s'échapper un cri ? espièglerie ou protestation ? Un pur jappement de singe.

    Traduit du chinois par François Sastourné et Chantal Chen-Andro.

  • Un officier rentre au village. « Sous une pluie battante, je gravis la digue de la rivière de mon pays natal. En me retournant, je vois l'arrière de l'autocar qui s'éloigne silencieusement en cahotant dans un nuage de fumée noire. Il disparaît en un clin d'oeil. Aucune trace de vie humaine. » Alors qu'il s'engage sur le pont, une voix l'appelle, du haut d'un saule, sur la rive. C'est un ami d'enfance et compagnon d'armes...

    Entre ciel et eau, de plus en plus près de la cime surplombant la rivière en crue, les deux amis évoquent leur enfance paysanne, la vie de caserne, leurs amours contrariées et les combats où, partout, la farce le dispute au tragique. La rive est fleurie, envahie au soir de lucioles magiques, tandis que l'attente entre ciel et eaux n'en finit pas. Où le destin conduit-il les amis ?

    Mo Yan est ici poète et nostalgique. Et en colère, une colère éclatante, portée par une ironie féroce, contre la bêtise de la guerre et de ceux qui la mènent, et une tendresse joyeuse pour ceux qui la subissent.

  • Le clan du sorgho rouge

    Mo Yan

    Dans l'empire chinois, bandes armées communistes et nationalistes se vouent une haine sans merci tout en combattant en ordre dispersé l'envahisseur japonais. À Gaomi, le commandant Yu, chef des brigands du lieu, et Dai Fenglian, maîtresse d'une grande distillerie, héros flamboyants de la résistance, mènent les paysans à la bataille. Bientôt, les champs de sorgho seront détrempés du sang de l'ennemi.

empty