Jean Cayrol ... Tel Quel pères & fils

  • Réunissant des poèmes de chacun des recueils de Jean Cayrol, ce volume offre une vision complète de son oeuvre.
    L'oeuvre d'un homme marqué par ta terrible expérience des camps et qui était porté par l'" étrange privilège d'être né deux fois ". La poésie de Cayrol témoigne de ces temps de souffrance, mais s'en arrache aussi dans une espérance inouïe et contagieuse. Ces textes, écrits entre 1935 et 2000, nous sont proches. Infiniment.

  • «Cette réalité des camps, méprisée par ceux qui la fabriquent, insaisissable pour ceux qui la subissent, c'est bien en vain qu'à notre tour nous essayons d'en découvrir les restes. [...] Qui de nous veille de cet étrange observatoire pour nous avertir de la venue des nouveaux bourreaux ? Ont-ils vraiment un autre visage que le nôtre ? » 
    Le poète Jean Cayrol (1911-2005) a écrit le puissant commentaire qui accompagne les images du film Nuit et Brouillard réalisé en 1955 par Alain Resnais. Véritable «coup de poing dans nos consciences », il rappelle ce que fut la réalité concentrationnaire au quotidien.

  • Voici donc la critique au centre d'un débat singulièrement violent : les attaques dont, en France, « la nouvelle critique » vient de faire l'objet, ont pris l'allure d'un interdit collectif. A partir d'un certain nombre d'idées reçues, on ironise, on censure, on condamne. Cette activité négative est-elle cependant aussi innocente qu'elle le prétend ? Ne repose-t-elle pas sur des axiomes douteux ? des préjugés inavoués ? un langage qui trahit à la fois des résistances involontaires et une certaine gratuité de méthode ? Roland Barthes, dans une première partie, n'a aucune peine à démonter la mythologie dont l'ancienne critique use de façon courante.

    Cependant, que doit chercher aujourd'hui la critique ? La littérature moderne (depuis Mallarmé, Lautréamont, Rimbaud, Proust, Kafka...), les développements de la linguistique et de la psychanalyse, obligent à un nouveau langage : celui-là même qui parle du langage. On peut enfermer un texte dans une lettre morte et bornée quand, au contraire, le sens littéral ne vit que de l' ouverture symbolique dont il est la marque. Ce livre, loin d'être seulement une mise au point dans une querelle déjà périmée, veut éclairer le changement profond de notre culture par rapport à la question centrale de l'interprétation, et introduire à cette nouvelle histoire qui touche au passé comme à l'avenir : la science de la littérature, sa critique et sa lecture devenant ainsi trois aspects complémentaires d'un même acte de vérité.

  • S'abîmer Absence Adorable Affirmation Altération Angoisse Annulation Ascèse Atopos Attente Cacher Casés Catastrophe Circonscrire Coeur Comblement Compassion Comprendre Conduite Connivence Contacts Contingences Corps Déclaration Dédicace Démons Dépendance Dépense Déréalité Drame Ecorché Ecrire Errance Etreinte Exil Fâcheux Fading Fautes Fête Fou Gêne Gradiva Habit Identification Image Inconnaissable Induction Informateur Insupportable Issues Jalousie Je-t-aime Langueur Lettre Loquèle Magie Monstrueux Mutisme Nuages Nuit Objets Obscène Pleurer Potin Pourquoi Ravissement Regretté Rencontre Retentissement Réveil Scène Seul Signes Souvenir Suicide Tel Tendresse Union Vérité Vouloir-saisir.

  • Figures 1

    Gérard Genette

    • Seuil
    • 1 Mai 1966

    Figures I rassemble dix-huit études et notes critiques écrites entre 1959 et 1965. A travers des sujets aussi divers que Proust et Robbe-Grillet, Borges et L'Astrée, Flaubert et Valéry, le structuralisme moderne et la poétique baroque, mais liées ici par

  • Figures 2

    Gérard Genette

    Les analyses de littérature amorcées dans Figures I se poursuivent ici dans deux directions principales, qui en quelques points se croisent ou se rejoignent : théorie du récit, poétique du langage. Certains de ces carrefours, ou repères, se nomment Baroque, Balzac, Princesse de Clèves, Stendhal, Recherche du Temps perdu, d'autres : espace du texte, récit et discours, arbitraire et motivation, langage indirect. Critique et théorie littéraires éprouvent et manifestent ainsi leur écartement nécessaire et leur articulation féconde : irréductibles et complémentaires, à la recherche d'une nouvelle poétique.

  • H

    Philippe Sollers

    « L'imaginaire », aujourd'hui dirigée par Yvon Girard, est une collection de réimpressions de documents et de textes littéraires, tantôt oeuvres oubliées, marginales ou expérimentales d'auteurs reconnus, tantôt oeuvres estimées par le passé mais que le goût du jour a quelque peu éclipsées.

  • Paradis

    Philippe Sollers

    Pourquoi pas de ponctuation visible ? Parce qu'elle vit pronfondment l'intrieur des phrases, plus prcise, souple, efficace ; plus lgre que la grosse machinerie marchande des points, des virgules, des parenthses, des guillemets, des tirets. Ici, on ponctue autrement et plus que jamais, la voix, au souffle, au chiffre, l'oreille ; on tend le volume de l'loquence lisible !Pourquoi pas de blancs, de paragraphes, de chapitres ? Parce que tout se raconte et se rythme la fois maintenant, non pas dans l'ordre restreint de la vieille logique embrouille terrestre, mais dans celle, merveilleusement claire et continue, clipses, des ondes et des satellites. Autour de quoi a tourne chez l'tre humain ? Des mille et une faons de s'illusionner sur le pouvoir et l'argent du sexe. Salut petite plante roulante et pensante dans sa galexie de galaxies !Pourquoi pas une histoire mais cent mille histoires ? Parce qu'il n'y a plus simuler et encadrer, mais faire dferler, le plus amplement, minutieusement et rapidement possible, la narration et sa mmoire qui vont de l'horreur au comique, du constat de mort rpt l'tat mystique, de l'information critique la mditation catastrophique, du biologique au mtaphysique en passant, kabbalistement, par la drision, l'obscnit et, bien entendu, le tragique.Voil le roman.Pourquoi Paradis ? Parce que, mme si j'tais en enfer, ce serait ma manire d'tre. Parce que j'ai l'impression d'tre entr par hasard dans l'immense humour du non-tre. Lequel, pourtant, prouve la ncessit inoue d'tre dit.Philippe Sollers.

  • Nombres

    Philippe Sollers

    • Seuil
    • 1 Avril 1968

    Le roman imprimé ici renvoie au milieu mythique en train de vous irriguer, de se glisser en vous, hors de vous, partout, depuis toujours, pour demain.
    Il tente de dégager une profondeur mouvante, celle d'après les livres, celle d'une pensée ébranlant dans ses fondations le vieux monde expressionniste dont s'annonce, pour qui veut risquer sa lecture, la fin. ph. s. 1968.

  • L'expatrié

    Marcelin Pleynet

    "Depuis qu'il était arrivé dans ce misérable hôtel de plage, il se répétait cela : il était libre, physiquement libre. Il était entièrement et physiquement libre... Il était entier."

  • Dans les textes qui composent Les Fines Attaches, il s'agit moins de dévoiler un secret que de le ménager et le faire durer au coeur du langage. La tension et le déchirement sont de règle, ainsi que la distraction et la légèreté.

  • Boxe

    Jacques Henric

    La boxe ? Une guerre, oui, avec ses drames et ses gueules cassées ; la vie et la mort au bout des gants mais avec des règles et une éthique. Torero dans l'arène, boxeur sur le ring, leur carburant c'est la rage. L'écrivain Jacques Henric rencontre Jean-Marc Mormeck à la veille de son dernier combat. L'histoire et la philosophie de la boxe s'emparent de lui. Après tout, l'écriture est une arme comme le poing.

  • L'écrivain dira toujours, je dirai toujours : «allons ailleurs », mais, où que ce soit, l'étonnant paysagiste de l'histoire, inquiet comme une grue qui ne reconnaîtrait pas son marais, où qu'il se retrouve, se retournera dans ses phrases et s'y frottera peut-être le ventre comme un chien ; bien sûr qu'il est partout chez lui les faits et les entrechocs, les chants tous plus invraisemblables, les guerres, les coûts les plus renversants, l'odeur forte qui flotte sur les gués et toutes les distinctions de la pensée, tout, bien sûr, se rameute et n'a de cesse de lui courir après. On dira : «c'est son style », mais croyez-vous vraiment? Comment être aujourd'hui dans un moment tel, en littérature, que ce soit comme entre Cicéron et Marc-Aurèle où, les dieux étant morts et Jésus-Christ n'étant pas encore, «l'homme seul a été»? Veillez à cela : à l'orgueil de se regarder s'en allant.

  • Trente-six ans après le Sollers écrivain (enfin repris en livre de poche à cette occasion), Philippe Sollers consacre un livre à celui qui fut son ami, dans le partage d'une foi entière en la littérature comme force d'invention, de découverte, d'innovation. Ils se voyaient régulièrement, échangeaient beaucoup, et ont partagé des combats importants, contre les académismes de tous genres, contre les régressions politiques ou idéologiques. Ils ont écrit l'un sur l'autre. Barthes a éclairé le travail de Sollers par des articles qui demeurent d'une parfaite actualité. Sollers a été, dès les Essais critiques en 1964, l'éditeur de Barthes au Seuil, dans sa collection Tel Quel. Bref, ils étaient amis, et Sollers nous dit aujourd'hui ce que cela représentait, à l'époque, et ce que cela continue de représenter, et d'engager comme enjeux.Le témoignage de Philippe Sollers est complété par le texte « RB » paru dans le n° 47 de Tel Quel (spécialement consacré à Barthes) et jamais repris en volume, et par une trentaine de lettres ou cartes postales de Barthes à Philippe Sollers.

  • Les textes de Laurence Bataille sont singuliers dans la littérature analytique contemporaine et jusque dans leur style - par un double trait. D une part, elle se montre, psychanalyste au travail, dans ses incertitudes, ses hésitations, ses variations, à la recherche de la meilleure pratique : rien n'est assuré une fois pour toutes, seule l'éthique de l'acte analytique devant toujours servir de régulateur. D'autre part, elle ne cesse de confronter les notations les plus concrètes - qu'il s'agisse de l'identification, du fantasme ou du rêve - avec le repérage théorique le plus rigoureux : et l'on verra ici de manière exemplaire quels fruits une écoute attentive de l'enseignement de Jacques Lacan peut apporter dans l'interrogation ou la résolution de situations cliniques. En sorte qu'il est impossible de refermer ces pages sans éprouver, pour celle qui les a écrites et qui même parfois s'y est exposée, un vrai respect.

  • « La réflexion sur le signe s'est exercée dans plusieurs traditions distinctes et même isolées, telles que : philosophie du langage, logique, linguistique, sémantique, herméneutique, rhétorique, esthétique, poétique. L'isolement des disciplines, la variété terminologique nous ont fait ignorer l'unité d'une tradition qui est parmi les plus riches de l'histoire occidentale. Je cherche à révéler la continuité de cette tradition [...]. » « Il ne s'agit évidemment pas d'une histoire complète de la sémiotique [...]. Ce livre s'organise à partir d'une période de crise, qui est la fin du XVIIIe siècle. Il s'opère à cette époque, dans la réflexion sur le symbole, un changement radical [...], entre une conception qui avait dominé l'Occident depuis des siècles, et une autre, [...] à laquelle je donne le nom de «romantique» ».

    Tzvetan Todorov

  • « La situation de Flaubert dans la modernité littéraire apparaît curieusement ambiguë. [...] Ainsi, l'oeuvre de Flaubert peut apparaître en partie comme une oeuvre morte, qui n'aurait plus rien à nous dire, ni peut-être à nous cacher. Mais, en même temps, nous éprouvons son auteur, irrésistiblement et inépuisablement, comme le premier des écrivains modernes. [...].
    L'oeuvre de Flaubert demeure pour la critique un objet de prédilection, un lieu presque obligé de référence théorique et d'épreuve méthodique : point de repère et pierre de touche [...]. Après d'autres [...], le présent recueil en témoigne par la diversité ? psycho-thématiques, socio-historiques, narrato-stylistiques ? de ses approches, et par leur convergence incalculée ».
    G. G.

    Avec les contributions de Raymonde Debray-Genette, Claude Duchet, Michel Foucault, Claudine Gothot-Mersch, Claude Mouchard, Jacques Neefs, Michel Raimond, Jean-Pierre Richard, Jean Rousset, Jean Starobinski.

  • Figures I Rassemble dix-huit études de notes critiques écrites entre 1959 et 1965. A travers des sujets aussi divers que Proust et Robbe-Grillet, Borges et l'Astrée, Flaubert et Valéry, le structuralisme moderne et la poétique baroque, mais liés ici par un réseau continu d'implications réciproques, une question reste constamment posée : elle porte sur la nature et l'usage de cette étrange parole réservée (tout à la fois offerte et retenue, donnée et refusée) qu'est la littérature.

  • Ce titre dans son inscription grecque se veut un rappel muet des débuts occidentaux du savoir sur le signe et le sens. La sémiotique, ici, se propose comme le lieu depuis lequel s'articulera une théorie générale des modes de signifier. Visant en même temps à interroger ou à refondre les systèmes linguistiques et logiques par les analyses du sujet et de l'histoire appelées par Freud et Marx, elle se désigne comme une sémanalyse.

    L'élaboration de la sémanalyse déplaçant les limites du signe, du sens, de la structure, devait nécessairement trouver pour point de départ un « objet exclu de l'ordre du savoir puisque soulignant ses bords : «la littérature» ».

  • Ce qui s'écrit ici différence marque l'étrange mouvement, l'unité irréductiblement impure d'un différer (détour, délai, délégation, division, inégalité, espacement) dont l'économie excède les ressources déclarées du logos classique.
    C'est ce mouvement qui donne unité aux essais ici enchaînés. Qu'ils questionnent l'écriture littéraire ou le motif structuraliste (dans les champs de la critique, des " sciences de l'homme " ou de la philosophie), que par une lecture configurante ils en appellent à Nietzsche ou à Freud, à Husserl ou à Heidegger, à Artaud, Bataille, Blanchot, Foucault, Jabès, Levinas, ils n'ont qu'un lieu d'insistance : le point d'articulation dérobée entre l'écriture et la différence. À peser sur cette articulation, ils tentent de déplacer les deux termes.

  • La dissémination

    Jacques Derrida

    • Points
    • 27 Août 1993

    «La Pharmacie de Platon, La Double Séance, La Dissémination : triple trajet dont le système est entraîné - ouvert et déporté - par une digression (digraphe aussi comme toujours) paraissant inédite. On pourrait la lire selon plusieurs modes, d'un bloc ou plus, avant ou après les autres, et par exemple comme un protocole méthodologique, une anatomie des préfaces ou une cartographie générale, etc. Ce Hors livre n'est donc pas seulement une fiction théorique. Jouant avec les trois autres, toute sa conséquence, il relance et déplace, suivant des règles angulaires, telles questions ou positions d'ailleurs engagées, en expose le corps à l'épreuve d'une tout autre scène : quand le travail de la différance sémantique comme différance séminale déconcerte silencieusement toute préséance.» Jacques Derrida

  • Par ces temps de grands malaises identitaires, subjectifs et collectifs, où l'identité fait problème et tente de se mettre en mouvement pour se lancer dans l'existence, le concept de différent ne suffit plus. Il semble trop simple ou trop figé, et ne rend pas compte des tressages qui ont lieu entre les deux termes différents, dans un espace qui devient en fait une dynamique d'entre-deux. On retrouve celui-ci dans les contextes les plus variés : l'écrivain qui cherche entre deux langues, même s'il n'en a qu'une, pour créer deux niveaux interactifs ; la femme qui, pour accéder à sa féminité, doit affronter l'Autre-femme, souvent sa mère, dans un entre-deux mouvementé ; l'adolescent, entre famille et société, qui cherche à faire le pas vers lui-même sans passer à l'acte ; le chercheur d'emploi, qui vit entre deux places les épreuves du déplacement ; tous sont dans un entre-deux plus ou moins animé, où l'origine se rejoue et se révèle accessible ou non à une sorte de partage qu'il s'agit d'éclairer.

  • La danse est une réponse à l'événement sans recours où le corps, cloué devant l'impossible, veut pourtant vivre et se mettre en marche, en mouvement. C'est une réponse, partie depuis la nuit des temps, donc à l'oeuvre dans l'inconscient : « Il y a autre chose, il y a de la place, bouge ! » L'analyste cherche les mots pour faire bouger les vies bloquées. La danse cherche le geste pour se donner ces mots de passe. Dans les deux cas, il y va de la rencontre avec l' autre.

    La danse, ouverture du corps, ou plutôt de l'entre-deux-corps, mais sur quoi ?

    C'est ce qu'on explore ici.

    D. S.

  • Avec Shakespeare

    Daniel Sibony

    D sibony a fait dans son séminaire, pendant plusieurs années, une conférence par mois sur une pièce de shakespeare.
    Toutes y sont passées. ce livre-ci contient déjà les analyses de douze d'entre elles et sera suivi par un autre. depuis sa parution, c'est un outil précieux pour les metteurs en scène et pour les spectateurs qui cherchent une autre approche, par les voies de l'inconscient. car l'idée, ici, est de prendre au sérieux le projet shakespearien d'un théâtre du monde, par des voies singulières oú l'humain se constitue, se renouvelle, s'arrache à lui-même ou aux forces du destin qui le portent.
    De sorte qu'au-delà des histoires qui sont ici démontées ou surmontées, nous sommes devant l'acuité de l'événement à l'état pur : traumatique ou grotesque, hallucinant, ou déclencheur de cataclysmes ; l'événement est la matière qui fait de nous des êtres humains, qui anime le jeu global de l'être.

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