Accords Livres & Vins par le festival Mi Livre Mi Raisin

Festival du bien lire et du bien boire Mi Livre Mi Raisin - édition 2020 > Sélection des vins à retrouver sur la page Instagram ou Twitter du Festival

  • L'enigmaire

    Pierre Cendors

    «L'humanité nous a donné un merveilleux aperçu sans avenir de sa destinée terrestre, nous avons soldé le sol. Sa marchandisation fut notre ruine».

    Orze, un village bombardé en 1916, a été transformé depuis en zone rouge interdite au public. Des fouilles archéologiques y révèlent une activité géomagnétique anormale et les vestiges d'un ancien culte chthonien. Ceux qui s'y rendent en reviennent inexplicablement changés. Trois inconnus - Laszlo Assenzio, surnommé Little Nemo, le premier «spacien», Adna Szor, une musicienne en deuil, et Sylvia Pan, une femme en quête de racines - se confrontent tour à tour aux mystères d'un territoire marqué par les révolutions croisées du règne naturel et de l'homme.
    Roman-monde d'un éclat sombre, juxtaposant les époques et les voix, L'Enigmaire explore les arcanes du vivant et nous invite à repenser la violence de la création et celle de l'homme. Ecrit en hommage à Andreï Tarkovski, il donne voix à l'esprit des lieux. Et couronne un travail de réflexion poétique quant au rapport au terrestre en s'articulant autour de deux pensées, celle d'Elisée Reclus qui écrivait : « L'homme, c'est la nature prenant conscience d'elle-même » ; et celle de Gary Snyder : « Les profondeurs de l'esprit, l'inconscient, sont nos propres étendues sauvages ».

  • « Le brigand au grand coeur n'est pas au départ un criminel. Il débute sa carrière de hors-la-loi parce qu'il est victime d'une injustice. » Voici comment l'historien Eric Hobsbawm décrit dans son fameux livre Les Bandits, devenu la référence sur le sujet, l'origine de ces destins de justiciers et de redresseurs de tort, dont la figure la plus célèbre reste Robin des bois. Des communautés opprimées, paysannes pour la plupart, soutenaient ces vengeurs qui, par leurs coups d'éclat et la terreur qu'ils exerçaient sur les puissants, leur rendaient justice.
    Ces héros du petit peuple ont hanté de nombreuses contrées de par le monde, entre autres : Cartouche en France, Ned Kelly en Australie, Joaquín Murieta au Mexique, Phoolan Devi en Inde, Hend'U Merri en Algérie, Maria Bonita au Brésil, Rob Roy en Écosse, Sante Notarnicola en Italie...
    Dans cet ouvrage, des écrivains se sont emparés de chacune de ces figures du « banditisme social ». Ces textes littéraires redonnent vie à ces bandits et brigands, comme le faisaient autrefois les chansons et les balades qui, en exaltant leurs magnifiques actes de bravoure, donnaient l'espoir de se libérer un jour de l'oppression et de la misère.

  • Succession

    Patrick Cargnelutti

    Dans un pays imaginaire d'Afrique centrale, mercenaires, barbouzes, fonctionnaires occidentaux corrompus et chefs de guerre cupides s'en donnent à coeur joie, détruisant impitoyablement un pays et ses habitants. Les hommes droits, comme Egbéblé, chef de village qui veut venger sa fille, ou Pelletier, ingénieur agronome qui fourre son nez où il ne faut pas, ne sont que des pions sacrifiés sur l'autel du pouvoir et de l'argent. Même les exploiteurs et les comploteurs minables, manipulés par plus puissants qu'eux, ne sortiront pas indemnes du coeur des ténèbres, et le lecteur assiste, impuissant et révolté, au délitement de l'âme et du monde.
    Succession est le roman de la folie de l'homme et du pouvoir, de la corruption absolue, celle qui détruit les innocents et fait se déchirer les peuples.

  • À l'origine de toute alimentation venant de la terre, il y a une graine. Le grain de blé est à l'origine de notre pain, la graine de tomate à l'origine de nos salades, la graine de la luzerne mangée par la vache à l'origine de notre fromage, et une graine de raisin a été à l'origine de nos cépages et de notre vin. Notre société s'interroge de façon croissante sur la qualité de nos aliments et de notre environnement. Une inquiétude progresse aussi sur la perte de la biodiversité. Nous nous réfugions de plus en plus souvent dans l'agricul-ture biologique et ses produits. Mais est-ce suffisant ? Par ailleurs, les ac-teurs et consommateurs de l'agriculture biologique sont-ils toujours conscients de la nature des semences qui entrent dans leur ferme et qui façonnent la qualité des produits biologiques ? Comment devenir acteurs du renouveau et de la renaissance de la diversité ? Le but de ce livre est de connecter chaque citoyen à la semence qui le nourrit, à la personne qui cultive, à celle qui transforme et à celle qui cui-sine. Cet ouvrage appelle également à une prise de conscience collective pour faire revivre la biodiversité, à commencer par celle que nous man-geons et qui fait nos paysages.

  • Dans L'Entraide, Pierre Kropotkine (1842-1921), géographe, explorateur, militant et théoricien libertaire, expose les fondements naturels du communisme anarchiste tout en combattant farouchement le darwinisme social, idéologie scientifique du capitalisme. L'auteur s'y distingue aussi par ses intuitions pionnières : une vision écologique avant l'heure des rapports entre l'être humain et son milieu, une reconsidération des peuples autochtones, une réhabilitation des institutions médiévales et l'élaboration d'une historiographie par en bas.
    Face au chacun pour soi et à la compétition, ce texte de philosophie sociale, d'une troublante actualité, nous rappelle que la solidarité est le meilleur chemin vers l'émancipation de toutes et tous.

  • Jusque-là, les bonnes manières qui traînaient dans l'air du temps voulaient qu'on s'inquiétât pour le climat. Jusqu'aux cimes de l'État, l'écologie faisait florès, la « transition » était en route... En attendant, chaque nouvelle année apportait son lot de phénomènes ravageurs, faisant partir en fumée des contrées entières ou les noyant sous les inondations.

    D'aucuns redoutaient avant toute chose les accidents industriels, nucléaires. D'autres scrutaient les convulsions de l'économie, nous voyant sombrer dans la disette avec l'effondrement de la finance. Les plus pessimistes enfin redoutaient carrément la conjonction de tous les fléaux s'abattant au même moment sur nos têtes à la faveur d'une désorganisation générale.
    Mais jusqu'ici, rien de tout cela ! Le sort préféra nous envoyer le Covid-19. L'économie mondiale tomba d'un bloc en coma profond. Plusieurs siècles durant, il n'est pas un mouvement révolutionnaire qui n'en avait rêvé. Pour finir c'est un virus qui l'aura fait !

  • « Déguster c'est comparer, c'est donc, à la base connaître. Pour connaître il faut multiplier ses investigations en observant, en notant ses impressions.
    Mais il faut savoir aussi que nos sens sont imparfaits, et que pour les rendre fidèles, la volonté, l'attention sont indispensables. Le temps aidant, car l'expérience est fort longue, la dégustation réfléchie procure au dégustateur, s'il porte en lui l'amour du Beau, du Vrai et du Vin, la joie profonde de pénétrer dans ce domaine où la nature se plait à concentrer son génie.» Jules Chauvet

  • Je suis la bête

    Andrea Donaera

    Un premier roman percutant qui nous plonge au coeur de la Sacra Corona Unità, organisation mafieuse des Pouilles, dans les pas de son chef, Domenico Trevi (dit Mimi), fou de de douleur à la suite du suicide de son fils de 15 ans. Obéissant à sa logique et à ses instincts habituels, il va chercher à se venger quand bien même il n'existe aucune preuve à l'encontre de quiconque. Tandis que se met en place une spirale de violence à laquelle il va être difficile d'échapper, Andrea Donaera développe une narration extrêmement efficace. Alternant les points de vue, il nous plonge ainsi au plus près des sentiments des personnages et parvient à créer une tension croissante, jusqu'à l'étonnant dénouement. Un texte puissant qui interroge le recours et le rapport à la violence ainsi que la part animale qui sommeille en chacun de nous.

  • Et si l'on abordait l'histoire à travers les yeux d'un animal ? Voici le récit d'Aglaé, un poulpe qui, au XIXe siècle, se lie d'amitié avec un dénommé Charles. Dans ce docu-fiction, le lecteur découvre comment ce mystérieux personnage a révolutionné la science et notre vision du monde animal. Car il s'agit ni plus ni moins que de Charles Darwin ! Un texte poétique qui met en lumière la relation homme-animal et revient au sens premier de l'écologie : l'étude des interactions entre les êtres vivants.

  • Joseph Kabris est tatoué de la tête aux pieds. C'est ainsi qu'il gagne sa vie dans les lieux de spectacle et d'exhibition de la Restauration, montrant son corps et mettant en mots l'« étrange destinée » qu'il a eue. Né à Bordeaux vers 1780, embarqué sur un baleinier anglais, il a vécu sept ans sur une des îles Marquises, Nuku Hiva. Parmi les « sauvages », il est devenu l'un d'eux. Il a appris leur monde, leurs gestes, leur langue et oublié la sienne. C'est là qu'il a été tatoué. En 1804, une expédition russe est venue et l'a arraché à son île, à sa femme et à ses enfants. Sans cesser tout à fait d'être un « sauvage », il est devenu russe, a rencontré le Tsar, avant de regagner la France. Il a repris sa langue, il a appris à dire sa vie, à lui donner les traits d'une épopée. Il a fasciné les foules. Il est devenu le monde en personne. Il est mort à 42 ans, sans jamais revoir son île.

    Kabris a ainsi multiplié les recommencements, ne cessant de voir ses habitudes s'abolir et d'en reprendre d'autres. Il devient marin, chef de guerre, professeur de natation, homme de foire, recyclant les passés qu'il a incorporés, prenant appui sur les systèmes sociaux où il se trouve. Et, chaque fois, il tire parti de ce qu'il a déjà vécu pour négocier au mieux ce qu'on attend de lui.Dans cette enquête fascinante et troublante, il ne s'agit pas seulement de découvrir à hauteur d'homme une histoire de la mondialisation dont émergent nos sociétés contemporaines. Cheminer dans cette existence se faisant, l'explorer à la manière d'une « carrière » dans laquelle Kabris s'engage, bifurque, insiste, abandonne ou se convertit, comprendre en somme comment on devient Joseph Kabris, c'est aussi saisir la manière dont le monde historique traverse une vie et la rend possible.

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