Essentielles Librairies

Le seul conseil qu'une personne puisse donner à une autre à propos de la lecture c'est de ne demander aucun conseil, de suivre son propre instinct, d’user de sa propre raison, d’en arriver à ses propres conclusions. » (Virginia Woolf. L'Art du roman) Rien, dans aucune librairie, ne saura jamais s’opposer à la liberté de choix laissée à chacune et chacun. À quoi bon des librairies, direz-vous ? Les librairies sont les lieux privilégiés et ordonnés de la présence des livres, celle de leur matérialité et de leur lumière, sans lesquelles aucune décision n’est permise. La possibilité d’évoluer parmi eux associe au silence nécessaire des livres la parole de ceux qui en sont au quotidien les jardiniers. Appelons-les libraires. Christian Thorel

  • « Voilà donc une ambition véritable, celle de traquer le vrai,et de participer à le rendre visible, lisible. » Christian Thorel.

    « Le seul conseil qu'une personne puisse donner à une autre àpropos de la lecture c'est de ne demander aucun conseil, de suivre son propre instinct, d'user de sa propre raison, d'en arriverà ses propres conclusions. » (Virginia Woolf. L'Art du roman) Rien, dans aucune librairie, ne saura jamais s'opposer à la liberté de choix laissée à chacune et chacun. À quoi bon des librairies, direz-vous ? Les librairies sont les lieux privilégiéset ordonnés de la présence des livres, celle de leur matérialité et de leur lumière, sans lesquelles aucune décision n'est permise. La possibilité d'évoluer parmi eux associe au silence nécessaire des livres la parole de ceux qui en sont au quotidien les jardiniers. Appelonsles libraires.

  • Ce recueil de notes en prose, coupées de quelques rares poèmes, s'articule en quatre séries qui ont chacune leur unité : Obituaire, remémoration méditative de quelques amis récemment disparus (dont Louis-René des Forêts, André du Bouchet, Pierre Leyris) ; Notes du ravin évocation de sites de la Drôme ; Ce peu de bruits, où l'on retrouve les thèmes favoris de l'auteur ; Mais quelques pages encore, lues..., invitation à la lecture ou à la relectures d'écrivains et de poètes comme Peter Handke, Saigyô, Senancour, Leopardi, Kafka...
    Si les thèmes actuels de Philippe Jaccottet ont toujours été présents dans son oeuvre, certains sont devenus plus insistants. Ils se rejoignent dans une interrogation sur la fugacité de la vie, la mort et la souffrance qui souvent la précède. Sur la difficulté, aussi, presque l'impossibilité, d'aborder ces questions et d'exprimer d'une façon juste les sentiments qu'elles nous inspirent - mais le pire serait peut-être une amplification indiscrète de ce qui nous laisse souvent sans mots et sans voix.
    Mais comment se taire sans pactiser en quelque manière avec cette forme du mal ? C'est pourquoi Jaccottet a choisi de parler, hanté toutefois par la crainte et le tourment de blesser quelqu'un ou quelque chose. Cette disposition l'a conduit à une exceptionnelle délicatesse de touche qui frôle parfois l'indicible - sans la moindre prétention à le toucher, plutôt même en désespérant de jamais l'atteindre. Cette forme d'éthique de l'expression et ses scrupules, en eux-mêmes émouvants, lui ont permis de s'effacer devant certains dons de la nature (en particulier la lumière) et de restituer la part énigmatique de confiance qu'ils semblent offrir malgré tout.

  • À la fin du XIXe siècle, Törless entre dans un internat autrichien austère et huppé. Loin des siens, le jeune élève va vivre ses premiers troubles adolescents, intellectuels et charnels. Il y fait l'expérience du désir, de l'amour, mais aussi de sa propre cruauté. Un livre d'une ampleur romanesque rare, écrit par une figure incontournable de la littérature du XXe siècle.

  • Les enfants tanner est le premier roman d'un " marginal " né en suisse il y a un siècle. robert walser, entré dans l'oubli bien avant sa mort en 1956, est revenu aujourd'hui au rang des plus modernes de ses contemporains, kafka, musil, walter benjamin.

  • OUT 1

    Paris, Avril 1970. Deux troupes de théâtre d'avant-garde répètent chacune une pièce d'Eschyle. Un jeune sourd-muet fait la manche dans les cafés en jouant de l'harmonica. Une jeune femme séduit des hommes pour leur soutirer de l'argent. Alors qu'une conspiration se dessine, des liens se tissent entre les différents protagonistes...

  • Cet ouvrage présente la synthèse théorique de recherches dont le livre les héritiers, en 1964, marquait la première étape.
    A partir de travaux empiriques sur le rapport pédagogique, sur l'usage lettré ou mondain de la langue et de la culture universitaires et sur les effets économiques et symboliques de l'examen et du diplôme, se construit comme une théorie générale des actions de violence symbolique et des conditions sociales de la dissimulation de cette violence. en explicitant les conditions sociales du rapport d'imposition symbolique, cette théorie définit les limites méthodologiques des analyses qui, sous l'influence cumulée de la linguistique, de la cybernétique et de la psychanalyse, tendent à réduire les rapports sociaux à de purs rapports symboliques.
    L'école produit des illusions dont les effets sont loin d'être illusoires : ainsi, l'illusion de l'indépendance et de la neutralité scolaires est au principe de la contribution la plus spécifique que l'ecole apporte à la reproduction de l'ordre établi. par suite, essayer de mettre au jour les lois selon lesquelles elle reproduit la structure de la distribution du capital culturel, c'est non seulement se donner les moyens de comprendre complètement les contradictions qui affectent aujourd'hui les systèmes d'enseignement, mais encore contribuer à une théorie de la pratique qui, constituant les agents comme produits de structures, reproducteurs des structures, échappe aussi bien au subjectivisme de la liberté qu'à l'objectivisme pan-structuraliste.

  • distinction

    Pierre Bourdieu

    • Minuit
    • 1 Août 1979

    Quatrième de couverture Classeurs classés par leurs classements, les sujets sociaux se distinguent par les distinctions qu'ils opèrent - entre le savoureux et l'insipide, le beau et le laid, le chic et le chiqué, le distingué et le vulgaire - et où s'exprime ou se trahit leur position dans les classements objectifs. L'analyse des relations entre les systèmes de classement (le goût) et les conditions d'existence (la classe sociale) qu'ils retraduisent sous une forme transfigurée dans des choix objectivement systématiques ("la classe") conduit ainsi à une critique sociale du jugement qui est inséparablement un tableau des classes sociale du jugement qui est inséparablement un tableau des classes sociales et des styles de vie.
    On pourrait, à titre d'hygiène critique, commencer la lecture par le chapitre final, intitulé Eléments pour une critique "vulgaire" des critiques "pures", qui porte au jour les catégories sociales de perception et d'appréciation que Kant met en oeuvre dans son analyse du jugement de goût. Mais l'essentiel est dans la recherche qui, au prix d'un énorme travail d'enquête empirique et de critique théorique, conduit à une reformulation de toutes les interrogations traditionnelles sur le beau, l'art, le goût, la culture.
    L'art est un des lieux par excellence de la dénégation du monde social. La rupture, que suppose et accomplit le travail scientifique, avec tout ce que le discours a pour fonction ordinaire de célébrer, supposait que l'on ait recours, dans l'exposition des résultats, à un langage nouveau, juxtaposant la construction théorique et les faits qu'elle porte au jour, mêlant le graphique et la photographie, l'analyse conceptuelle et l'interview, le modèle et le document. Contre le discours ni vrai ni faux, ni véritable ni falsifiable, ni théorique ni empirique qui, comme Racine ne parlait pas de vaches mais de génisses, ne peut parler du Smig ou des maillots de corps de la classe ouvrière mais seulement du "mode de production" et du "prolétariat" ou des "rôles" et des "attitudes" de la "lower middle class", il ne suffit pas de démontrer ; il faut montrer, des objets et même des personnes, faire toucher du doigt - ce qui ne veut pas dire montrer du doigt, mettre à l'index - et tâcher ainsi de forcer le retour du refoulé en niant la dénégation sous toutes ses formes, dont la moindre n'est pas le radicalisme hyperbolique de certain discours révolutionnaire.

  • rue de l'Odéon

    Monnier Adrienne

    Adrienne Monnier était comme un jardinier, et dans la serre de la rue de l'Odéon où s'épanouissaient, s'échangeaient, se dispersaient ou se formaient les idées en toute liberté, en toute hostilité, en toute promiscuité, en toute complexité, souriante, émue et véhémente, elle parlait de ce qu'elle aimait : la littérature." Jacques Prévert évoquait ainsi la fondatrice de « La Maison des amis des livres ». Inaugurée en 1915 au 7, rue de l'Odéon, cette librairie devient très vite le rendez-vous du Tout-Paris littéraire. Louis Aragon, Walter Benjamin, André Gide, Nathalie Sarraute, André Breton s'y croisent lors de lectures, expositions ou soirées musicales. Foyer de la vie culturelle de l'entre-deux guerres, dont la renommée franchira les frontières françaises avec la traduction en 1929 de l'Ulysse de Joyce, édité par Adrienne Monnier, ce lieu mythique est indissociable de la personnalité qui l'habite et l'anime. Autoportrait d'une femme de passion et d'idées, subtile évocation de l'incroyable atmosphère d'émulation qu'elle sut créer autour d'elle, ce livre de référence est avant tout un hommage à la littérature.

  • En 1763, la corporation des libraires passe commande auprès de Denis Diderot d'une lettre qui sera adressée à la fin de cette même année au lieutenant général de police (actuel ministre de l'Intérieur), Monsieur de Sartine. À cette époque, le droit d'auteur n'existe pas. Les privilèges (autorisation de publier délivrée par les services du roi) sont remis aux libraires, qui sont aussi éditeurs, sans prendre en compte les auteurs.
    Dans cette lettre, Denis Diderot se fait autant l'opposant des corporations en général que le défenseur des privilèges des libraires en matière d'édition. On y retrouve aussi la question de la contrefaçon, de la concurrence déloyale ou encore des conditions de l'exercice du métier de libraire et d'éditeur.
    Il y expose également des idées novatrices sur le droit d'auteur et la diffusion des oeuvres tout en faisant preuve d'une grande ingéniosité rhétorique.
    S'il fait croire à son lecteur qu'il épouse les idées de Sartine, c'est pour mieux développer, et valoriser, ses arguments à la suite.

  • «Mon cher ami, je suis très intéressé par vos projets d'édition et j'espère qu'il en sortira quelque chose. Toute la question est de savoir si une entreprise commerciale peut vivre en n'éditant que des ouvrages excellents de forme et de fond». Paul Claudel à André Gide, 1910 Publié sous une élégante couverture ivoire à titre rouge, L'Otage de Paul Claudel inaugure en mai 1911 le comptoir d'édition de la Nouvelle Revue Française (NRF), revue littéraire créée deux ans plus tôt par André Gide, Jean Schlumberger et quelques amis. A sa tête, un jeune homme qui a du goût, des relations, de la fortune : Gaston Gallimard. Ainsi débute une formidable aventure intellectuelle, éditoriale... et familiale. Un catalogue riche de plusieurs dizaines de milliers de titres.
    Un extraordinaire portefeuille d'auteurs : Camus, Sartre, Aragon, Malraux, Char, Duras, Céline, Faulkner, Hemingway, Kafka, Joyce... Des collections mythiques : La Blanche, La Pléiade, Du monde entier, La Série noire, Folio... Un siècle de littérature et d'idées ; un siècle d'édition; un siècle dans la vie d'une entreprise familiale qui, malgré des crises majeures, a su préserver et renforcer son indépendance.

  • comme un roman

    Daniel Pennac

    Les droits imprescriptibles du lecteur 1. Le droit de ne pas lire.
    2. Le droit de sauter des pages.
    3. Le droit de ne pas finir un livre.
    4. Le droit de relire.
    5. Le droit de lire n'importe quoi.
    6. Le droit au bovarysme (maladie textuellement transmissible).
    7. Le droit de lire n'importe où.
    8. Le droit de grappiller.
    9. Le droit de lire à haute voix.
    10. Le droit de nous taire.

  • penser/classer

    Georges Perec

    « Que me demande-t-on, au juste ? Si je pense avant de classer ? Si je classe avant de penser ? Comment je classe ce que je pense ? Comment je pense quand je veux classer ? » G. P.

  • Georges Perec La Vie mode d'emploi La Vie mode d'emploi est un livre extraordinaire, d'une importance capitale non seulement dans la création de l'auteur, mais dans notre littérature, par son ampleur, son organisation, la richesse de ses informations, la cocasserie de ses inventions, par l'ironie qui le travaille de bout en bout sans en chasser la tendresse, par sa forme d'art enfin : un réalisme baroque qui confine au burlesque.
    Jacqueline Piatier, Le Monde.


    L'ironie, très douce, imperceptible, fantomatique, moirée, faite d'un détachement extrême, d'une méticulosité et d'une patience qui deviennent de l'amour... En résumé, c'est un prodigieux livre-brocante, qu'on visite sans se presser, à la fois livre fourre-tout, livre promenade.
    Jacques-Pierre Amette, Le Point.

    Et cela donne des romans exotiques, extravagants, des crimes parfaits, des fables érudites, des catalogues, des affaires de moeurs, de sombres histoires de magie noire, des confidences de coureurs cyclistes... Jeux de miroirs et tables gigognes, entrez dans cet immeuble et vous ferez le tour du monde. Un vertige majuscule. Quand on en sort, on est léger comme une montgolfière.
    Catherine David, Le Nouvel Observateur.

  • les geants

    Le Clezio J.M.G.

    Ce livre est un cri de révolte, comme l'était la guerre.

    Le monde d'aujourd'hui y est dénoncé à travers la description d'un supermarché, hyperpolis, situé au bord de la mer. univers fascinant, tellement baigné de lumière que les gens y perdent toute existence. a hyperpolis, " on a piégé les couleurs, les bruits, les musiques, les formes ! on a piégé la lumière ! on a piégé les désirs !". ce récit, oú la poésie donne une grande force à la pensée, sonne le réveil d'un monde qui a été volontairement mis en léthargie.

  • «Remettre en circulation, vingt ans après ses premiers éclats, cette oeuvre explosive, risque aujourd'hui de passer pour malice.
    On y vante l'amour libre (Mieux vaut courir que tenir), on y conteste les maîtres (qui excellent à donner le goût de cadavre), on y récuse les représentants de l'ordre (Ni valets ni soldats ni jésuites ni même francs-juges), on y raille l'état civil (Déclarez vos biens, votre épouse et le fruit de ses entrailles).
    Il est vrai que Les Épiphanies, malgré le sourire surréaliste qui en éclairait les accents libertaires, ont pu paraître, dans le Paris morose de la Noël 1947, comme le manifeste d'une seconde libération, menée celle-là contre un monde d'adultes déconsidérés par tant d'années de violences.» Louis Roinet, 1969.

  • l'art du roman

    Virginia Woolf

    Si Virginia Woolf est connue avant tout pour ses grands romans, tels Les Vagues ou La Promenade au phare, elle fut également une critique littéraire hors-pair.
    Dans ce recueil d'articles et de conférences, qui rassemble des textes écrits tout au long de sa vie, celle qui admirait autant Jane Austen et Emily Brontë que Proust et Montaigne, réfléchit sur son art en adoptant à la fois le point de vue de l'écrivain et celui du critique ou du simple lecteur.
    Une promenade littéraire aux côtés d'un auteur majeur du XXe siècle, qui donne envie de se replonger dans ses classiques !

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